Yoga à 8h30 – en anglais, la prof travaille 6 mois au sud de Londres et 6 mois ici – puis petit déjeuner, baignade, massage – le deep tissue comme son nom l’indique est plutot viril, commençant par un malaxage – ou broyage – à sec avant le massage appuyé à l’huile, puis comme un forage sur des points de pression en différentes zones dont les plantes de pied sans oublier de me faire craquer les orteils…
Aprés repas et sieste on va louer un scooter mais à coté il n’y en n’a plus, reste une Bullet Royal Enfield, à vitesses, bon ce nest pas la mythique Indian mais c’est cool quand même, et ayant le permis et quelques km au guidon et surtout ayant observé la conduite du chauffeur du car les jours précédents j’ai maintenant un peu d’expérience indienne et vois à peu près ce qui m’attend, alors go! Attention quand même aux carrefours à bien se remettre à rouler à gauche et surtout éviter ceux qui veulent couper et se retrouvent en face. Mais avec des gens qui doublent en face, ou des camions larges et piétons et vaches qui réduisent la partie circulable à un seul véhicule mieux ne pas aller trop vite et ne pas hésiter à utiliser les freins, les 4 roues et les vaches – 4 pattes – ayant manifestement priorité sur les 2 roues. Le policier qui m’arrête pour contrôle systématique – plusieurs scooters forcent le barrage et passent presque à fond – me reproche de ne pas avoir de permis international mais ne me retient pas, sans doute grâce au magnifique casque que je porte – il a déjà du servir à 3 générations… même si ma passagère n’en porte pas – elle me le rappelle à chaque dos d’âne abordé un peu vite – apparemment on est en règle avec la loi, les statistiques ne devant compter que les conducteurs dans les accidents?
Ok d’abord j’ai raté la route – le wifi était trop lent a l’hôtel pour charger la carte local offline – et on est allé 2 km plus loin mais on a pu profiter de la plage de Patem – plus naturelle car non bordée d’hébergements – avec un chemin d’accés encombré de 2 roues garés en épi – là où en penchant la moto à gauche pour la poser sur sa béquille latérale, mon mollet droit découvre avec douleur que le pot d’échappement chromé, horizontal et bas est certes trés joli, mais également non protégé et brûlant -, et bien entendu encadré de boutiques de part et d’autre tout le long – bijoux, tissus, bols thibétains, fruits, épices… On se laisse tenter par des petits tampons encreurs en bois de palétuvier – technique de production de tissus à motifs encore très utilisée mais plutot dans le Cachemire – et mangue et clémentines pour un dessert le soir.
Puis retour ou plutôt arrivée à Palolem. Une fois garé – là encore pas évident de trouver une place, il y a tellement de 2 roues – le contractuel m’en indique une et me donne un reçu pour le droit de péage que j’acquitte – 5h, c’est l’heure d’une noix de coco fraîche, celle là est bien pleine et déja charnue, hum… La plage est plus petite que Agonda, plus touristique voire bondée côté sud, mais avec un côté nord plein de bateaux de pêche traditionnels en bois, avec balancier. On a le temps de faire un tour en kayak mais la mer est basse et on ne pourra pas accéder aux backwaters sans marcher, donc on renonce à y aller et on pagaye dans la baie, les autres kayakistes restant loin de la plage pour assister au coucher du soleil au delà de l’île qui le masque de la plage – du coup la plage est plus abritée du vent qu’on subit un peu à Agonda, mais ici plus difficile d’assister au sunset assis sur la plage, c’est sans doute pour ça que c’est le côté sud de la plage qui est envahi touristiquement…. Mais en y allant à pied on se fait aborder pour nous proposer un bateau. Vu le soleil bientot au ras de l’eau on hésite – je préfère éviter de faire le retour de nuit – mais il n’y aura pas d’autre occasion avant.. quand ?… et l’heure est propice pour l’observation donc je ne me fais pas prier longtemps – personnellement je suis venu sur cette plage notamment pour ça et le type inspire une certaine attirance – alors on se fait conduire dans la réserve bavkwaters dans une barque maniée à la perche. Le coucher du soleil est un moment propice à l’observation des oiseaux et on est gâtés, on en voit de nombreux, aigrettes, cormorans, même des martin pêcheur, petits mais repérables à leur bleu acier, etc, jusqu’à différents types d’aigles – dont un doré à tête blanche – qui plongent pour attraper dans leurs serres des morceaux de poisson que leur jette notre guide. Une bonne dizaine tournent au dessus du bateau avec en décor le « Floating roc », richer rond perché au bord d’une petite falaise
C’est un moment magnifique, on est seuls sur l’eau, à glisser sans un bruit, lentement, à passer à moins de 3 m d’un cormoran noir en équilibre sur une perche, à chercher à marée basse entre les hautes herbes et sous les feuillages des palétuviers d’autres taches de couleur, tandis qu’une aigrette, dont le plumage blanc est d’autant plus éclatant que ses pattes sont verdâtres – camouflage sans doute pour être invisible dans l’eau saumâtre – déroule vivement son col gracile dun coup vif pour attraper un audacieux venant frayer sous son bec …
Chers touristes svp restez au sud de l’île et ne venez pas en masse perturber ce paradis …

C’est carnaval toute cette semaine, avec à Agonda un défilé 1 ou 2 fois par jour de percussions, mais à Palolem ce sont plusieurs chars – grosses jeep décorées qui suivis d’un groupe de personnes déguisées se promènent plusieurs heures durant avec la sono à fond, bloquant quasiment la circulation sur la route. En moto on finit par arriver à les croiser, à l’aller comme au retour, heureusement on n’est pas dans le même sens. J’ai vite pris le pli du double sélecteur pointe + talon, encore un truc de cowboy ? Moi qui suis allé louer en savates, j’ai quand même remis mes chaussures fermées de marche pour rouler, même si tous ou quasi sont en tongs, mais de là à mettre des bottes à talon…
Autant on a profité du flap-flap du mono 500, délivrant couple et puissance dès les bas régimes (max 26ch à 4500 tpm), avec une sonorité marquée du résonateur, notamment sur une bonne reprise, autant les vibrations associées conjuguées à l’état de la route et au stress de la circulation, avec les picots de la poignée de gaz qui commencent à me rentrer dans la peau du pouce et index droits, font qu’on est contents d’arriver et qu’on n’ait pas trop envie de discuter le prix de l’essence à la restitution de la bête. Sympa comme engin pour le son et les vacances… Vais-je remplacer mon vieux GSX-F un jour ? Roadtrip + massages, on comprend pourquoi on a un coup de fatigue ce soir…

