18-2-4 Allepey – Tekady

On traverse et on longe des canaux, certains verdoyants voire couverts de fleurs de water Lily, à tel point qu’on ne voit plus l’eau et qu’on pourrait vouloir traverser à pied…

Mais on ne descend pas du car pour tester. Dans la traversée de Changanassery la plupart des échoppes sont fermées. Majorité chrétienne. Certains vendeurs montent un étal ou proposent leur marchandise au sol devant les rideaux de fer de magasins fermés, occasion de récupérer un bon emplacement le long de la route … Avant-arrière, avant-arriére, le bus continue de jouer au panier à salade, mais toujours moins qu’une séance de rodéo sur un taureau mécanique, et nous ne sommes pas projetés les uns sur les autres ou avec les deux mains à plat de part et d’autre du visage écrasé sur la vitre … Merci chauffeur…
Il faudra que je lui dise que ses freins fonctionnent bien, et qu’il n’a pas besoin de les tester toutes les 5 à 15 secondes …!

Un arrêt pipi à la station service permet de découvrir deux cars avec des volets extérieurs, mieux que les rideaux intérieurs pour préserver de la chaleur pendant le stationnement !

De l’autre côté de la route un homme se prélasse dans une balançoire, à côté de grosses tresses de différentes couleurs pendant à une corde horizontale. Quand je comprends que c’est un vendeur qui fait une démonstration de son produit, une balancoire typemini hamac, j’en achète une pour accrocher entre les deux casiers à bagages de part et d’autre de l’allée centrale du car. Mais pour m’alléger au max pendant ce voyage j’ai exceptionnellement enlevé les bouts de voile que j’ai toujours dans mon sac à dos etje n’ai rien pour accrocher. De toutes manières je pense que le chauffeur ne m’y aurait pas autorisé … N’empêche je pense que le siège balançoire a de l’avenir, en autocar comme en avion ? .. le hamac est bien utilisé dans les bateaux…
En plus le car attaque la montagne. La route devient sinueuse, la circulation se fluidifie. On a même droit sur quelques centaines de mètres à une ligne blanche continue pour séparer les deux voies.
Arrêt roboratif dans un hotel restau sur la route. En sortant on peut observer la séance photos de famille de la grand-mère qui fête ses 80 ans dans la salle à côté. Puis ce sont les routes de l’impossible avec un camion de transport à ridelles vide, dont la boîte de vitesse git démontée à côté, tel un parasite éjecté de son organisme hôte, un emphythème éructé, qu’il faudra quand même réussir à regreffer après réparation. Le chauffeur est malgré tout fier de son outil de travail, partie de sa vie et de sa famille, et pose avec le sourire.
Impossible la route ne l’est pas. Bitumée, sans orniéres elle est juste trés raide et viroleuse, étroite sous un couvert d’arbres ou bordant la pente souvent abrupte. Un panneau indique une limite de vitesse à 30, de toutes manières on les atteint à peine, et après avoir mis 2 km à doubler un rickshaw on se fait doubler régulièrement.

C’est encore l’heure de la sieste… Obligé de bailler de toutes manières pour se déboucher les oreilles à cause de la différence d’altitude. Au col enfin! Et voilà qu’apparaissent de grands immeubles, étonnant de voir une école de management s’implanter ici… certainement pour oxygéner le cerveau des étudiants en altitude, plus que pour leur interdire les virées nocturnes dans des bars ou boites… car il n’y a rien autour, et on met 10 minutes pour descendre sur Peerumade… De plus le kerala a entamé une politique de sobriété publique et après la fermeture de 700 bistrots continue à en fermer 10% chaque année. Premiers buissons derrière une grille dans une proprié-thé privée. On arrive pile à l’altitude de 1000m. Deux cents mètres plus loin les collines apparaissent, couvertes de buissons d’un vert plus tendre, d’environ un mètre de haut, avec des arbres espacés. Lorsque la route s’engage entre les pentes on voit que les buissons font plutôt 30 à 40cm de haut ici. On peine à imaginer les femmes faisant la cueillette, à la fois penchées pour la cueillette et grimpant et descendant pieds nus dans la pente. Les arbres sont là pour faire un peu d’ombre aux plants, on se plait à penser que ça peut également permettre aux ouvrières d’avoir un peu moins chaud et que les racines aident à fixer la terre et éviter l’érosion, conséquence habituelle et tragique de toute monoculture.

On passe devant une publicité pour la Tyrolienne la plus longue du coin, pour survoler les champs du haut en bas de la colline 😉 ca démarre d’une plantation orthodoxe, ouverte ce dimanche alors que la catholique qui lui fait face est fermée.Plus que du prosélytisme on pressent le travail communautaire pour offrir aux travailleurs pas forcément propriétaires un regroupement, une protection et une valorisation verticale de la chaîne de valeur, même si ce ne sont pas forcément des coopératives.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *