18-2-14 Goa

Le patron et le personnel du restaurant dorment dans la salle – sur les coussins de la zone tables basses, le boss déployant un matelas avec une moustiquaire – de même que le chauffeur de car et son assistant devaient dormir dedans, tels des esclaves modernes. Le niveau de vie tend peut-être à progresser mais à quel rythme… Incrédible India…

Levés tôt encore ce matin, avec le soleil, on passe sans bruit dans la salle et on marche jusqu’au sud de la plage où des bateaux proposent d’aller au large. Teju est encore jeune, et après avoir démarré comme pilote il a inversé les rôles avec le plus âgé car il parle bien anglais, et peut faire le guide et le commercial. Nous naviguons dans la baie et voyons plusieurs groupes de dauphins, prenant leur déjeuner alors que l’eau est calme – ca fait 4 jours que le vent se lève vers 11h et il y a une houle légère, qui montera tout à l’heure. On apprécie qu’il n’approche pas trop et coupe le moteur, certains viendrons très près, et on n’est pas à la chasse. Vu la trentaine d’embarcations sur la plage le tourisme ne doit pas devenir une nuisance au point de les faire fuir… nous poursuivons la navigation au sud pour aller voir deux petites plages aux noms évocateurs- Honeymoon beach et Butterfly beach – accessibles uniquement depuis la mer, et où les pêcheurs ont montés quelques échoppes pour vendre des boissons aux touristes qu’ils amènent par wagons l’après midi. Pour l’instant on est seuls – on a du mal à imaginer 30 bateaux decant une plage de 15 mètres de large au fond dune crique… et on profite de la vue des rochers arrondis et craquelés tels les granits de la côte rose bretonne, illuminés par la belle lumière du levant. Moment magique hier soir dans les backwaters, idem ce matin… Que faire de plus dans la journée, à part rester la matinée sur la terrasse du restau avec un yogi tea, face à la mer, à écrire ces quelques lignes ?

Nous sommes dans le petit bateau et de retour à la plage Teju nous montre celui plus grand dont il termine la construction,mais qui nécessite au moins 6 ou 7 personnes pour le remonter hors d’atteinte de la marée à chaque retour, le petit étant manipulable à trois. Le système a beau être rodé depuis des millénaires – utilisé par exemple pour le transport des blocs de construction des pyramides égyptiennes – il fonctionne toujours à l’huile de coude…

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