18-2-10 Kollur

5h42 Allah Akbar !

Même ici le muezzin nous réveille, son appel est diffusé sur les hauts-parleurs du train – heureusement juste l’appel. Pour les bouddhistes le lever du soleil est dans une heure, on sera peut-être arrivés. Le retard du train a ceci de positif qu’on n’arrive plus à 4h du matin mais vers six heures et quart. L’autocar est là et doit laisser un pneu de secours sur place pour caser un maximum de bagages dans le coffre. Ce car est plus petit mais pour 13 ca convient. C’est parti pour une séance d’abdos de 2h, la route n’est pas lisse et on ne peut dormir, surtout au fond du car où les amortisseurs amplifient les gendarmes couchés et nids de poule (certains comme des nids d’autruche ?) et côté fenêtre on risque d’être bercés trop près du mur…

Après une bonne douche, première méditation au temple Dharmapeeta. Situé dans un cirque montagneux, l’énergie est différente.

Pendant ce temps nous avons eu la visite d’au moins un singe dans la chambre – nous avions été mis en garde et avions bien fermé la fenêtre – mais il est passé par la fenêtre de la salle de bain et nous a gentiment laissé la peau de notre dernière banane, quelques épluchures de grenade sur le lit et des traces de pattes et déjections heureusement au sol. Depuis on a passé l’info et bien fermé la porte de la salle de bains en plus de la fenêtre.

Profitons-en pour dire un mot sur les salles de bains. Ne cherchez pas la baignoire ou alors faites vous tout petit pour rentrer dans le seau, assis avec les fesses et les pieds au fond, les bras de chaque côté et le menton au ras des genoux … Bon ne rêvez pas vous n’avez plus 2 ans et ce n’est pas une bassine, ca ne rentrera pas ! Le robinet à 1 m du sol vous permet de remplir le seau, puis d’utiliser le pichet pour vous rincer. J’ai essayé la recette de ce brésilien qui a posté sur youtube un tuto pour une douche à 1 pichet: renversé plein sur le crâne dont il épouse la forme et assure soit rétention soit des filets d’eau de tous cotés. Ca fonctionne plutôt bien même si plusieurs pichets sont bienvenus. Mais quand l’eau est froide c’est assez efficace.

Après il y a la version douche, équipée d’un sélecteur 3 positions, robinet, douche et coupé en centrale. Etant habitués à 2 positions haut/bas, plusieurs se sont d’abord plaints qu’il n’y avait pas d’eau 😉 Dans les hôtels 2/3 * il y a également l’eau chaude, fin du dépaysement… Sinon plus qu’une douche c’est une pièce à l’italienne car c’est l’ensemble de la surface qui, carrelée, sert de bac de douche, avec une évacuation unique au sol, malheureusement souvent sans siphon donc avec remontée des odeurs – 2ème bonne raison de garder la porte fermée entre chambre et salle de bain…Attention au suivant à ne pas glisser sur le sol mouillé dès l’entrée …Vous pouvez également utiliser une douchette pistolet pour vous mais aussi pour le nettoyage de la cuvette wc. Votre popotin vous remerciera de cette douce (douche) fraîcheur, et vous économisez des feuilles du rouleau de PQ qui ne vous quitte plus depuis que vous avez vu qu’il n’en était pas fourni. .. peutetre un peu moins pratique que le jet intégré à la cuvette qu’on trouve en Egypte et loin de l’abattant japonais proposant réglage électronique des positions, puissance, température des petits et grands jets (sans parler des options chromatothérapie, récepteur radio, etc …)

Le repas comporte sur deux chaînes séparées des plats épicés et d’autres pas du tout au grand plaisir de certains et on apprécie également quelques crudités et du thé léger et non sucré.

Après une petite sieste bienvenue, baignade à la rivière où quelques jeunes garçons plus en aval viennent voir et demander quelques pièces.

Bon maintenant qu’on est propres et qu’il fait un peu moins chaud on va en ville. On profite dès le pont à l’entrée d’un vendeur de noix de coco, qu’il ouvre comme un oeuf coque pour pouvoir la boire à la paille, puis une fois vidée la tranche en deux moitiés, et découpe un segment de peau pour qu’on s’en serve comme cuiller pour manger la chair molle à l’intérieur. Ces coco sont vertes, pas encore à maturité, il faut encore les laisser sur l’arbre pour qu’elles fassent leur dure écorce marron épaisse sous la coque de fibres, et surtout pour que la chair à l’intérieur grossisse et qu’elles deviennent comme on les connaît exportées en europe. Mais vertes le jus est déjà goûteux et on en profite pour 50 roupies (0.70€). On tremble aussi quand un vendeur n’a pas de billot et tranche avec la serpette la coco au ras des doigts de la main de dessous…

En passant on voit au bord du lit de la riviére une canalisation qui descend les égouts de la ville plus bas. La route est défoncée, ils viennent de remblayer aprés la pose de tuyaux d’égouts. Mais tout n’est sans doute pas encore raccordé car l’odeur est forte par endroit. Mais ca progresse. Il est temps car des immeubles commencent à pousser ici également – des hôtels.

Quelques courses puis visite au temple de Mookambika – de la mère divine – avec préparation de la colonne de feu – pose des mèches, remplissage au gee (beurre clarifié servant aux lampes à huile, à la cuisine, et dans certains rituels religieux, avec un cuiller miniature lancé en offrande au feu ou mis dans la main du fidèle qui le mange) – et enfin allumage aprés coucher du soleil vers 19h pendant qu’une danseuse nous fait encore une belle démonstration – gestuelle, expression du visage, mouvement des yeux, frappe des pied sur talon pour actionner les grelots aux chevilles ou de la plante du pied pour une percussion claire, est-ce du kathakali, auquel on a été initiés il y a quelques jours ?

Plus d’infos sur le temple sur www.kollur.com

Plusieurs indiens viennent toujours saluer les blancs, discuter et se faire photographier. Mais c’est plus tranquille que dans les grands temples précédents, sans doute lié au culte de la mére, plus familial. Le retour en rickshaw est cahoteux, la route est en travaux

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